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Interview  Juninho Pernambucano

L'interview de Juninho après le Barça :

Le capitaine de l’OL, Juninho, regrette la tactique trop frileuse de son équipe mercredi soir au Nou Camp. Mais le Brésilien, fair-play, salue la prestation du Barça.

Au Nou Camp

On imagine que vous êtes déçu après cette rencontre où vous n’avez presque pas joué ?
Juninho :
Oui, on est déçu car on a n’a pas pris beaucoup de risques. On a l’habitude de garder le ballon mais le Barça nous l’a confisqué. On savait que si on n’allait pas les chercher et si on ne prenait pas de risques, ils allaient faire courir le ballon. C’est ce qui s’est passé. Ils ont fait preuve de patience et après leur premier but, ils ont contrôlé le jeu jusqu’à la fin tout en se créant des occasions. Nous, on a eu très peu d’opportunités. Mais bon, c’est comme ça, ce n’est que le début de la Ligue des Champions.

Qu’est ce qui vous déçoit le plus dans votre prestation ?
Juninho :
On avait l’habitude de jouer de façon plus ouverte, plus courageuse n’importe où, contre n’importe quelle équipe. Mais bon, on affrontait l’un des favoris de la compétition. Ils ont montré que même s’ils ne sont pas encore à 100%, ils contrôlent bien le jeu. Ils ont mérité leur victoire. Il reste cinq matches et il faudra essayer de gagner le prochain match à la maison.

Avez-vous été consulté par Alain Perrin sur la composition de l’équipe ?
Juninho :
C’est le coach qui décide, je ne parle pas de tactique.

Est-ce l’équipe la plus impressionnante que vous ayez affrontée ?
Juninho :
On a déjà joué contre de grandes équipes : le PSV Eindhoven, Milan, le Real Madrid. Mais c’est vrai que le Barça est une équipe très technique, très à l’aise avec le ballon. Cela nous a posé beaucoup de problèmes pour jouer car ils nous ont fait courir à droite, à gauche. Ils ont des joueurs de couloir qui à chaque fois qu’ils attaquaient passaient en un contre un et créaient le danger. On n’a pas été si mauvais tout de même. On a su répondre présents à certains moments mais ce n’était pas suffisant.

Vous étiez prévenus pourtant de la qualité du Barça ?
Juninho :
Oui tout le monde le sait. Tout le monde dit que le Barça joue bien. Mais c’est comme ça…

L'interview de Juninho après le derby :

le 27/08/2007

Juninho s'exprime ici sur son jeu, son état d'esprit, le système de jeu, le capitanat, en se disant prêt à supporter la pression qui pèse sur lui.

«Juninho, après une période de moins bien, vous semblez avoir retrouvé le sourire...

Il y a beaucoup de personnes, dans la vie, qui sourient mais qui ne sont pas très heureuses, mais on n'est pas obligé de sourire pour être heureux. C'est vrai qu'on me regarde beaucoup, mes faits et gestes, si je souris ou pas. C'est sûr que la pression sera toujours sur moi. Si l'équipe est bien, on regarde d'abord si je suis bien pour ensuite évaluer l'équipe. C'est normal, je vais essayer de gérer. Il y a eu pas de mal de changements, on est en train de trouver les automatismes. Depuis le début de la saison, l'équipe est moyenne mais on sent que les joueurs font beaucoup d'efforts, qu'ils ont envie de gagner, d'aller vers l'avant. Il y a du talent, des jeunes montent en puissance. On va récupérer Fred, ce qui sera important pour nous. La Ligue des champions commence bientôt. Il faudra montrer du répondant.

Vous cadrez de nouveau vos coups francs. C'est un signe ?

Non, je ne crois pas à ça, mais au travail. Et comme on travaille sérieusement, on finit par goûter à la réussite. Quels que soient les événements, je continue de travailler. De cette manière, on ne va peut-être pas être champions à chaque fois, mais je vais réussir de bonnes performances personnelles et faire une bonne saison.

Dans quel système vous sentez-vous le plus à l'aise ?

(Petit rire) Je pense que tous les grands joueurs doivent s'adapter à n'importe quel système. Aujourd'hui, l'envie, c'est plus important que le système. Dans le foot moderne, c'est techniquement qu'on fait la différence. Le but dans une équipe, c'est de faire participer tout le monde du mieux possible sur le plan technique. Sur les phases sans ballon, il faut faire bloc. Ce sont les équipes qui défendent bien et ensemble qui s'en sortent le mieux. Un système, c'est évidemment l'entraîneur qui le décide. Mais dans le foot moderne, les équipes n'appliquent pas qu'un système, sinon il n'y aurait que des matches nuls.

Un mot sur Benzema, encore très à son avantage ce soir.

Je suis content pour lui. C'est un grand joueur, il est déjà en équipe de France. On va pouvoir compter sur lui cette saison. Mais il ne faut pas oublier Hatem (Ben Arfa), même s'il est blessé en ce moment. On parle de l'arrivée d'un milieu gauche offensif. Mais ce joueur, on l'a déjà avec Hatem. Il faut lui faire confiance.

Pourquoi avez-vous fini par accepter le brassard de capitaine ?

Quand j'ai décidé d'arrêter, Cris, un leader, un grand monsieur, a été logiquement désigné. Ça tombait très bien. Après sa blessure, je ne pouvais pas tourner le dos à l'équipe. Je ne vois pas un autre joueur qui sera à l'aise avec le brassard. Dans la mesure où Cris est out pour de longs mois, j'espère maintenant aller au bout de la saison avec le capitanat. Mais ne croyez pas que je pense à moi, je pense d'abord à l'équipe.»

Recueilli à Lyon par Sylvain LARTAUD

Juninho évoque le déplacement de l'Olympique Lyonnais à Paris :

Avec en ligne de mire le record de victoires à l'extérieur, le Brésilien avoue : "la motivation c’est de prendre du plaisir".

Un petit mot tout d’abord sur l’entraînement de ce matin…
On essaie de garder l’envie, de bien terminer la saison. Actuellement, il faut s’amuser pour bien s’entraîner. La saison est presque terminée, on essaie donc de faire de notre mieux pour préparer le prochain match.

Est-il difficile de trouver la motivation ?
On y arrive. Il ne faut pas lâcher. Une grande partie du groupe va avoir des matchs internationaux. Les joueurs appartenant aux équipes européennes des rencontres importantes. Fred la Copa America. On doit donc garder un bon niveau à l’entraînement. On a de plus un match à jouer samedi. Même si le résultat n’est pas très important, il est toujours très agréable de jouer à Paris. Il faut essayer de gagner pour bien terminer la saison.

Jouer une équipe de Paris retrouvée, dans un Parc des Princes plein, on imagine que la motivation est toute trouvée.
La motivation c’est de prendre du plaisir. Lors de nos derniers matchs à Paris, « ce n’était pas du tout ça ». On espère un match d’un niveau technique élevé, avec des buts. Et que le meilleur gagne !

La possibilité de battre le record de victoires à l’extérieur sur une saison vous motive-t-elle ?
C’est intéressant. On en parlait déjà dans le vestiaire avant le match contre Auxerre. A Paris, ce sera une bonne opportunité mais ce sera difficile. En championnat, on n’a plus perdu depuis plusieurs matchs. Il est important de conserver cette invincibilité.

Vous allez retrouvez Paul Le Guen dans les rangs du PSG. Qu’est-ce que cela vous évoque ?
C’est bien. Il a eu une belle histoire avec le club. Il a passé trois bonnes saisons ici. Il a établi un système de jeu qui a été suivi par la suite par Gérard (Houllier). Il a déjà beaucoup montré, que ce soit à Lyon ou à Paris. Ce n’est pas facile de réaliser ce qu’il est parvenu à faire depuis qu’il est arrivé à Paris. Depuis 4 - 5 matchs, le PSG joue bien et prépare la saison prochaine.

Avez-vous déjà parlé de ces retrouvailles avec les autres joueurs de l’effectif ?
Non, on n’en a pas encore parlé entre nous. Certains joueurs gardent un lien très fort avec lui. Il est maintenant de l’autre côté. On sent qu’il a déjà réussi à installer son système de jeu. C’est quelqu’un qui connait bien la maison parisienne. Il réalise un bon parcours à la tête du club de la capitale. Même si ce n’était pas évident, pour se sauver, Paris a joué tous ses matchs comme s’il avait voulu gagner le championnat. Il est aujourd’hui sauvé.

Vous allez retrouver Paul Le Guen à Paris, mais également Jérémy Clément. Peguy Luyindula et Pierre-Alain Frau seront quant à eux absents. Suivez-vous le parcours de vos anciens coéquipiers ?
Bien sûr. Il s’agit de joueurs qui ont beaucoup apporté à Lyon. Peguy monte en puissance. Jérémy (Clément) a la confiance de Paul. Il nous connait très bien car il a été formé à la maison. Aujourd’hui, les Parisiens semblent beaucoup plus motivés, beaucoup plus en confiance et solidaires. C’est une équipe qui avait du talent avec de très bons joueurs dans chaque ligne mais qui est aujourd’hui plus équilibrée.

D’un point de vue personnel, quels sont vos objectifs ?
De marquer des buts. Cela fait longtemps que je n’ai plus marqué de but. Même si je ne suis pas un buteur, cela me manque. Cela fait longtemps. Ces derniers temps, j’ai eu beaucoup d’occasions nettes mais je ne suis pas parvenu à marquer que ce soit sur coup franc ou dans le jeu. Et aider l’équipe à gagner pour bien partir en vacances.

Concernant votre prolongation de contrat, où en sont les discussions ?
On va voir à la fin de la saison. Pour l’instant, cela n’a pas trop avancé mais c’est tout à fait normal. Je ne peux pas trop m’avancer mais je ne suis pas trop inquiet. Je peux vous assurer que l’on y verra un peu plus clair à la fin de la saison. Peut-être même après les vacances.

 

Juninho avant la finale de la coupe de la ligue:

Dans quel état êtes-vous à la veille de cette finale ?
Quand j’ai signé mon contrat de 5 ans à Lyon, je n’imaginais pas être ici aujourd’hui nanti de cinq titres de suite et pouvoir jouer une finale de la Coupe de la Ligue. Je suis bien sûr très fier de mon parcours personnel mais également de celui de l’équipe. Aujourd’hui, on se demande pourquoi l’OL n’a pas gagné la Ligue des Champions. Cela démontre l’évolution du club. Je suis fier et j’espère que le meilleur est encore à venir. Je n’ai jamais gagné de coupe nationale. C’est même la première fois que je joue une finale de coupe nationale. Je souhaite donc faire un bon match et aider l’équipe à gagner.

La perspective de réaliser un doublé compense-t-elle à vos yeux la déception de ne pas être parvenus à aller plus loin en Ligue des Champions ?
Gagner un sixième titre de champion de France serait historique. En début de saison, la priorité du club était le sixième titre. Le doublé serait historique pour le club. La photo va rester à vie. A nous de faire partie de cette histoire. Personne n’a jamais fait ce doublé. Cela vaut vraiment un effort.

Vos déclarations après la rencontre face à Rome vous ont-elles mis un peu plus de pression que d’habitude ?
Pour moi, qu’importe la compétition ou l’adversaire. La pression doit toujours être à 100% car c’est sous pression que l’on parvient à faire de bons matchs. Le football est un sport collectif. L’équipe gagne ensemble. La force de l’OL a toujours été le collectif.

Vous avez récemment affirmé jouer malgré une blessure aux adducteurs. Êtes-vous aujourd’hui à 100% ?
Aujourd’hui, dans le football de haut niveau, si tu attends d’être à 100% pour jouer, tu ne disputes qu’un seul match par mois. J’ai une petite douleur aux adducteurs depuis le début du mois de janvier mais on arrive à la contrôler. On a fait un match amical qui a facilité la récupération. De plus, tous les joueurs ont envie de jouer une finale.

Que pensez-vous d’Ulrich Ramé ?
Ramé est un joueur clé de cette équipe, celui qui a le plus d’expérience. Je crois que je n’ai jamais marqué contre Bordeaux.

Redoutez-vous cette équipe de Bordeaux ?
Depuis deux mois ils montent en puissance et sont plus réguliers. Malgré le classement qui nous place devant eux, une finale, c’est toujours un match différent. Bordeaux est une équipe de qualité. De plus, cette finale est pour eux une chance de marquer leur saison.

Un petit mot sur vos relations avec les supporters lyonnais.
Avec le temps et les résultats, j’ai construit une histoire d’amour et obtenu la reconnaissance du public. Ce qui me donne du plaisir, c’est que les gens soient contents de ce que je fais sur le terrain. J’éprouve plus de joie à donner du plaisir qu’à en recevoir.






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